Des assemblées citoyennes territoriales

Yves Mathieu

Notre modèle politique, créé au XVIIIe siècle, connaît des difficultés dans son mode de fonctionnement et semble trop fragile pour prendre soin, comme il le faudrait, de la « Cité commune », c’est à dire de nos territoires notamment.  Ce que mettent en exergue les différentes plateformes qui émergent sur le « monde d’après » la crise sanitaire actuelle, c’est une véritable attente des gens pour une nouvelle manière de penser et de réfléchir avec les élus sur « comment peut-on faire autrement ? ».

Cette crise pèse également sur la confiance des gens envers les autres, le monde mais aussi envers la sphère politique si elle n’évolue pas dans son mode de fonctionnement vis à vis des citoyens.

Une démocratie locale et participative qui coûte moins cher qu’un rond-point.

Yves Mathieu

QUI EST CONCERNE ?

L’ensemble des citoyen-ne-s français-es, volontaires pour participer aux débats organisés sur leur territoire et/ou ayant la possibilité et l’envie d’en parler à leurs élus pour les convaincre de tenter une expérimentation.

Les élus des collectivités territoriales ayant envie de mettre en oeuvre cette démarche avec les habitants du territoire dont ils ont la charge.

Les réseaux susceptibles de sensibiliser et/ou d’accompagner concrètement les élus dans la mise en œuvre de l’idée : médiateurs, praticiens et collectifs tels que Mission Publique, Démocratie Ouverte, Institut de la Participation/Concertation, universitaires, etc.

MON IDEE

Créer des Assemblées citoyennes dans les territoires pour faire participer, sur une période courte et ponctuelle (4 mois maximum), les citoyens aux réflexions sur leur territoire et son évolution. Cette démarche se fait avec les élus et non pas contre eux ! 

L’idée est d’intégrer des personnes qui ne sont pas enfermées dans des silos à réfléchir sur le territoire. Ce n’est pas une expertise que l’on recherche ni le simple côté rationnel des gens mais aussi leurs émotions, leur créativité pour venir enrichir les débats et les décisions. Ces travaux déboucheraient sur un contrat de territoire, formalisant le territoire voulu/souhaité, assorti d’une planification économique engagée et volontaire, impliquant réellement toutes les parties prenantes du territoire : les citoyens mais aussi les ONG, le monde économique, etc.

COMMENT CA FONCTIONNE ?

Au niveau de chaque territoire, on crée une Assemblée citoyenne, dont l’objectif est de créer un territoire plus résilient.

Pour cela, on complète les corps constitués ou déjà institués avec les citoyens grâce au tirage au sort de 50 à 200 personnes. Ils travaillent sur une période de 4 mois (pas au-delà pour éviter les jeux de pouvoir et les postures de représentation qui peuvent s’installer dans la durée). Cela peut prendre la forme d’un weekend sur 3 consacré à ces travaux, sur la période.

Au final, on aboutit à 10 propositions concrètes sur « comment on construite le territoire de demain ». Ces propositions sont ensuite données aux instances concernées : CESER (Conseil Économique et Social Régional) ou Conseil de Développement par exemple.

L’opération peut se renouveler sur le territoire autant de fois que nécessaire, sachant qu’un nouveau tirage au sort de citoyens est effectué pour chacune des expériences.

La question posée au départ est nécessairement très ouverte afin de ne pas enfermer les gens dès le démarrage. Il s’agit de réellement faire confiance aux participants ! Pour illustrer, on pourrait imaginer une question du type « Comment construire un territoire de confiance ensemble, tant en termes de santé, que d’alimentation ou de sécurité ? »

Cela peut se mettre en œuvre à différents échelons du territoire (région, département, ville, etc.) et il faut ensuite créer une mise en lien au niveau collectif.

Pour que cela se mette en place et fonctionne bien, il est indispensable d’avoir un élu « porteur » du projet, en plus des participants et des animateurs des travaux.

LES RAISONS D'Y CROIRE

...

Les français-es manifestent une attente de plus en plus prononcée, probablement renforcée par la crise sanitaire du COVID-19, pour une nouvelle manière de penser avec leurs élus sur « comment on peut faire autrement »

Une nouvelle génération d’élus apparaît, très sensibilisée à cette nouvelle façon de faire, de décider et d’agir.

POUR ALLER PLUS LOIN

L’expérience menée par Charles Fourrier, vice-président de la région Centre Val de Loire : https://www.democratie-permanente.fr

BIO

Co-directeur de Missions Publiques et organisateur de débats planétaires.

copyleft 2020 par CQFD - Ce Qu'il Faut Développer.

Incubé-Infusé à l'Institut des Futurs souhaitables

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