Lutter contre les écocides

Anne-Sophie Novel

On a besoin de questionner la place de l’homme sur la planète et sa façon de se considérer comme une espèce à part, et surtout supérieure. Le climat commence à être pris en compte, mais la biodiversité est encore souvent ignorée.

 

Cette déconnexion avec le vivant explique beaucoup de dysfonctionnements actuels. C’est la destruction par exemple des chaînes naturelles de prédation dans un écosystème qui a permis à des espèces normalement éloignées des structures humaines, de les côtoyer et d’y importer un virus tel que le Covid-19.

Permettre aux citoyens de lutter contre les projets écocides, néfastes pour l'environnement et la biodiversité.

Anne-Sophie Novel

QUI EST CONCERNÉ ?

Tout le monde est concerné !

Tous les acteurs sur les territoires et dans le monde associatif qui se battent pour préserver des espèces ou des particularités locales en termes de faune et de flore.

Ceux-ci s’appuient sur de nombreux observatoires mis en place par les scientifiques, acteurs fondamentaux également, pour étayer leurs combats et porter la défense des écosystèmes.

MON IDEE

L’idée est de généraliser le concept porté par le Tribunal International des Droits de la Nature, et de permettre la reconnaissance de certains projets comme de véritables “écocides”.

Pour mémoire, en parallèle de la COP21, s’est tenu en décembre 2015 le 3ème Tribunal International des Droits de la Nature, porté par la Global Alliance des Droits de la Nature en partenariat avec End Ecocide on Earth, NatureRights et Attac.

Cette juridiction de fait, a pour objectif d’entendre et juger les situations de violations manifestes des droits éponymes prévus par la Déclaration universelle des Droits de la Terre Mère (DUDTM) et découlant de la Jurisprudence de la Terre.

Le Tribunal examine à chacune de ses audiences les cas qui lui sont présentés par des plaignants invités à témoigner publiquement des atteintes dont sont victimes les écosystèmes dans lesquels ils évoluent.

Au delà de cette juridiction, partout dans le monde, des citoyens s’organisent pour agir contre des projets écocides “qui condamnent leur futur”, et lancent des procès. Le développement de ce type de procès permet de faire avancer ces réflexions, et montrent que les gens ne sont plus d’accord avec ça.

COMMENT CA FONCTIONNE ?

Une des premières étapes est de poursuivre le travail de recensement des projets de développement et d’urbanisme, dont les impacts négatifs sur l’environnement sont évidents et dont l’intérêt pour la collectivité est fortement discutable.

Ce sont ce que les milieux alternatifs appellent les “grands projets inutiles”, qui détruisent la nature pour des besoins qui ne sont pas essentiels et si nécessaires que cela.

Ces “grands projets inutiles” sont recensés sur le site de Reporterre : 100-300 projets en France, avec des collectifs très locaux qui s’organisent. Là où le travail le plus important reste à faire, c’est au niveau des collectivités locales dont les grands plans d’urbanisme devraient mieux prendre en compte le vivant.

A partir de là, dans les collectivités, chaque décision devrait être passée à travers une moulinette d’analyse afin d’empêcher les projets qui sont destructeurs de la nature et nocifs pour l’avenir.

A plus grande échelle il est également nécessaire de se doter d’une autorité, d’un garant, de l’environnement et la biodiversité, à l’instar, par exemple, de Nicolas Hulot qui demandait un Vice Président de l’Environnement.

 

En parallèle, sur un plan plus individuel, faisons également l'École dans les bois, l’école de la nature : afin de (re)mettre les enfants dehors, et d’éveiller leurs apprentissages au contact des éléments. Il est fondamental de connecter les enfants à la nature au plus tôt, afin de s’assurer qu’ils prennent pleinement conscience des enjeux auxquels ils seront plus tard confrontés, et de les former comme des acteurs essentiels de la transition.

POUR ALLER PLUS LOIN

Celle qui porte le sujet des écocides en France, et est probablement une des plus pertinente sur la thématique, c’est Valérie CABANES.

Juriste en Droit International spécialisée dans les Droits de l’Homme et le Droit humanitaire, elle a co-fondé l’ONG Notre affaire à Tous pour une justice climatique et est à l’origine de l’Affaire du siècle.

En 2013, elle a lancé une initiative citoyenne européenne sur le crime d’écocide en France,  puis en 2015 un mouvement citoyen mondial nommé End Ecocide on Earth qui plaide pour l’inscription dans le droit pénal international du crime d’écocide.

Auteure de nombreux ouvrages, elle est une des personnes avec qui travailler pour concrétiser cette idée de lutte contre les écocides.

LES RAISONS D'Y CROIRE

...

Le moment est particulièrement opportun pour fédérer toutes les initiatives qui existent déjà, non seulement en France, mais également à l’international.

De nombreux collectifs existent et des travaux de référencement sont déjà menés.

Le travail est donc entamé, il faut passer à l’étape suivante en se dotant des structures nécessaires à la validation et à la surveillance des projets d’une part, et de celles nécessaires à l’éducation “de la nature” des plus jeunes.

BIO

Docteur en économie de formation, Anne-Sophie NOVEL, exerce en tant que journaliste, auteure et conférencière spécialisée dans l'écologie, les alternatives durables, l'innovation sociale et l'économie collaborative. Elle co-fonde "Place To B" qui mobilise plusieurs centaines de journalistes, blogueurs, photographes, ONGs lors de la Cop21 en 2015 pour parler du climat autrement et imaginer collaborativement un nouveau récit. Soucieuse de la défiance du public vis-à-vis des médias et du monde de l'information, elle co-écrit et co-réalise en 2019 "Médias : le Monde et moi", documentaire et livre qui explorent les fake news et l'infobésité, questionne notre relation à l'information et met en lumière le journalisme d'impact et de solutions.

copyleft 2020 par CQFD - Ce Qu'il Faut Développer.

Incubé-Infusé à l'Institut des Futurs souhaitables

SUIVEZ-NOUS SUR : 

  • Facebook
  • LinkedIn Social Icône