La richesse, une nouvelle approche

Patrick Viveret

La pandémie remet en lumière le débat entre les activités humaines sources de bienfaits, forces de vie et les activités nuisibles, destructrices de valeur.

Elle permet de s'interroger sur ce qui crée de la VALEUR : ce qui crée de la force de vie, ce qui en détruit.

Qu’est-ce qui compte vraiment?

Patrick Viveret

MON IDEE

Il faut profiter de cette pause qu’a induit le confinement pour nous questionner sur ce qui compte vraiment, ce que l'on compte et comment on compte. 

Quelles sont les activités bénéfiques pour l'Humanité ? Est-ce que avoir de l’air pur, une terre non polluée, un sens à sa vie - fondamentaux écologiques et anthropologiques - font partie des choses que l’on compte ? Ce que l’on compte monétairement est-il cohérent avec ce qui compte le plus? 

Il faut réintroduire dans les comptabilités des choses invisibles sur le plan monétaire (ex : le travail bénévole) et arrêter de compter positivement des activités destructrices de valeurs et de forces de vie.

Cette délibération sur ce qui compte et ce qui fait valeur ne peut être que démocratique.

QUI EST CONCERNE ?

Différents acteurs - citoyens, élus, associations, entreprises - doivent nouer des alliances.

COMMENT CA FONCTIONNE ?

Comme l'a proposé Bruno Latour au début du confinement, la première démarche est de se poser des questions, au niveau individuel : Qu’est ce que l’on veut conserver, qui crée de la valeur, c’est-à-dire de la force de vie ? Qu’est ce que l’on veut changer, qu’est-ce qui détruit de la valeur ?

Le deuxième acte est de se relier aux autres par des formations et des initiatives pour faire progresser cette question à différents niveaux. 

Sur les territoires, il faut s’appuyer sur des pratiques telles que la Fabrique des territoires, la Convention citoyenne pour le climat, les élus qui ont un temps d’avance (Grenoble, Loos-en-Gohelle mais aussi Paris ou Lyon), les accorderies. Le premier pas si vous souhaitez  passer à l’action ? Prendre contact avec la monnaie locale, le SEL (Système d’Echange Local) ou l'Accorderie la plus proche de chez vous ou d'aller sur les sites de ces initiatives.

A l’échelle  de la France, on peut demander à l’INSEE de travailler la question de ce qui compte sur la base de son enquête consacrée au budget temps, qui indique ce que font les Français de leur temps.

 

Au niveau européen, il s'agira de questionner l’emploi de la création monétaire de la banque centrale européenne, d'instaurer un débat démocratique et injecter de l’argent dans la reconversion des activités destructrices (transport aérien, armement, etc.).

LES RAISONS D'Y CROIRE

Plusieurs idées, actions, démarches existent déjà !

 

Il faut commencer par écouter et voir ce qui a déjà émergé sur les nouveaux indicateurs de richesse, sur la comptabilité alternative, sur les monnaies alternatives, avec différentes expérimentations déjà menées. Ex. propositions Stiglitz, travaux de la député européenne Eva Sas, ...

La question est comment donner plus d’ampleur à tout cela et porter ces questions auprès du plus grand nombre de citoyens possibles et à différentes échelles : locale, nationale et européenne.

BIO

Philosophe, essayiste, magistrat honoraire à la Cour des comptes, Patrick VIVERET se définit comme passeur-cueilleur afin d’établir des passerelles entre des univers souvent cloisonnés. Il est co-fondateur des rencontres internationales « Dialogues en humanité » qui auront lieu en ligne en juillet 2020 et du projet Sol (système de monnaies complémentaires). A travers l'écriture de nombreux livres et textes sur la refonte du PIB et de la notion de richesse, la délibération, démocratie et environnement, les monnaies citoyennes, le bien-vivre ensemble, il est l'un des penseurs majeurs de la transition écologique en France.

copyleft 2020 par CQFD - Ce Qu'il Faut Développer.

Incubé-Infusé à l'Institut des Futurs souhaitables

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